été délibérés et votés par le peuple, le seul législateur légitime.
Maintenant, afin d’être plus clair et de mieux faire comprendre toute ma pensée, je vais donner quelques développements aux articles qui le comportent.
ARTICLE PREMIER : La souveraineté réside dans l’universalité du peuple, sans distinction d’âge ni de sexe. Elle est directe, imprescriptible, inaliénable.
Voyons, raisonnons un peu :
Fixerez-vous à vingt et un ans l’âge de majorité ? Mais est-ce que tel homme de vingt ans ne peut pas avoir les facultés aussi développées que tel autre de vingt et un ans ? Est-ce qu’il n’est pas son égal, humainement parlant ? Le fixerez-vous à vingt ans ? Est-ce qu’il n’en est pas de même pour celui de dix-neuf et ainsi pour les autres ? Pour être conséquent, il nous faudrait aussi fixer l’âge où le vieillard, perdant de ses facultés et retombant en enfance, ne devra plus voter ; établir des catégories de capacités ; chasser des comices législatifs ceux qui ne savent pas lire ou ceux qui, sachant lire, ne savent pas ou savent peu discuter. Est-ce que par hasard les enfants à la mamelle réclameront un bulletin de vote ? Et, – dans cette société, vieille de civilisation, où l’on rencontre encore, debout et galvanisée par la pile électrique du capital, l’institution fossile de la famille, – eh bien, si,