peuple est bon ou il est mauvais ; s’il est mauvais, pourquoi en prendre le masque, alors que nous n’aurions plus qu’à le fouler aux pieds, à sortir le droit divin de son puits et à nous mirer dans sa légitimité ? Si, au contraire, il est bon, il faut l’affirmer dans son entier, ne pas l’estropier, le prendre avec tous ses membres, accepter ses conséquences logiques sous peine de nier le tout en niant une partie. L’amputer, c’est le tuer.
Et maintenant, parlera-t-on de l’impossibilité ? L’impossibilité… en 1847 ne le disait-on pas aussi du suffrage universel : 1848 est venu, et le suffrage universel a fonctionné ; il en sera de même de la législation directe.
ART. 2 : Le territoire de la République est fractionné en circonscriptions de 50000 âmes. Ces circonscriptions forment la commune. Le peuple, dans son universalité, est souverain pour décider de ce qui est d’intérêt général.
Je veux la commune de 50 000 âmes, parce que je crois que ce nombre est nécessaire pour que chacun y trouve la satisfaction de ses besoins. Je la veux ainsi pour qu’elle puisse avoir ses écoles et ses invalides, ses théâtres et ses amphithéâtres ; ses bibliothèques, arsenaux de la pensée, et ses machines, armes industrielles et aratoires ; son palais de cristal, corbeille de toutes les productions, et ses jardins publics, écrins de toutes les fleurs ; ses parcs, ses promenades plafonnés de verdure et ses salons de loisir, ses salons populaires ombragés de soie et de velours ; ses fontaines, ses monuments, ses bains, ses musées, que sais-je encore !… l’utile et l’agréable enfin : l’instrument de travail et l’instrument de plaisir.