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Page:Déjacque - La Question révolutionnaire, 1854.djvu/40

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de l’oppresseur. Si le glaive du soldat fait de la multitude un esclave physique, le catéchisme du prêtre, – arme bien autrement dangereuse, – en fait un esclave moral.

L’idée d’un Dieu, le culte de la divinité : voilà la cause première qui eut pour effet la déchéance de l’homme, le premier feuillet du livre où fut écrit en substance le martyrologe de l’humanité.

Aussi, qui nie le droit divin sur la terre, doit également nier dans les cieux la royauté d’un être surnaturel.

Nous rions aujourd’hui des anciens peuples qui adoraient le soleil. Et, relativement aussi ignorants, sinon plus ignorants qu’eux, nous adorons sous une autre forme, un être que notre imagination doue de la puissance suprême. Et, – bien plus stupides que ces idolâtres d’un astre qui ne nous fait que du bien et que du moins nous pouvons palper avec le toucher de la vue, – nous allons nous, chercher notre idole en dehors et au-dessus de la nature. Et plus elle nous fait de mal, et plus nous la bénissons, car plus nous aurons eu à souffrir ici-bas, nous disent les heureux de ce monde et plus nous aurons de bonheur dans l’autre, là-haut, dans un paradis fort éloigné sans doute, puisque, comme Dieu, il est au-delà de l’infini. Et non seulement le corps, – créature chamelle, que ce Dieu nous aurait donné, – doit être tué chaque jour par le jeûne ; mais l’âme, – créature spirituelle, – doit aussi subir toutes sortes de mortifications. Et cela pour la plus grande gloire d’un Dieu infiniment bon, infiniment juste, infiniment aimable, infiniment miséricordieux…

C’est-à-dire que, pour rappeler certain axiome, «