La communauté qui, en concentrant les forces et les efforts de chacun, les forces et les efforts de chaque chose, les ferait tous converger au même but, à l’économie sociale, et, par l’unité de propriété, par la solidarité humaine, assurerait à l’individu une égale somme de jouissances, une répartition immense de bien-être et de liberté ; – et qu’on me permette une parenthèse à propos de ce mot : Liberté ! dont on a tant abusé contre la communauté et dont il est vrai de dire que les communistes de certaines écoles ont fait bon marché. – Est-ce que, dans une société d’égaux, où le souverain s’appellerait peuple, et non plus roi ou pape, empereur ou père, président ou serviteur, dictature ou délégation, – est-ce que les hommes, qui tous ont le sentiment instinctif de la liberté, et qui tous veulent le développement intégral de leur nature multiple, ne la mettraient pas au premier rang des besoins à satisfaire ? – Et, pour reprendre ma phrase interrompue, – la communauté, disais-je, où tout appartenant à tous, chacun serait débarrassé du souci quotidien de l’approvisionnement individuel ; délivré de la nécessité d’ossifier son cœur, de dessécher son intelligence, d’user toute son énergie à imaginer et à employer des moyens de production pour soi et de destruction pour ses semblables, et pourrait alors ouvrir son cerveau comme son âme à des pensées fécondes pour tous comme pour chacun, où l’organisation du travail attrayant par la série aurait remplacé la concurrence malthusienne et le travail répulsif ; la communauté, splendide idéal, sphère lumineuse, aveugle encore, hélas !