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Page:Déjacque - La Question révolutionnaire, 1854.djvu/51

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pures et suaves aspirations de l’amour. C’est la prostitution sanctionnée et catéchisée par la religion et par le gouvernement. C’est la jeune fille vendue au vieillard ou jetée dans les bras d’un inconnu. C’est le commerce de la jeunesse et de la beauté. C’est le boulet de l’accouplement forcé rivé aux pas des deux sexes par arrêt du préjugé ou de l’intérêt matériel : l’intérêt ou le préjugé rapprochant ici ce qui est antipathique et les condamnant à vivre sous le même toit ; le préjugé ou l’intérêt divisant ce qui est sympathique et les condamnant à la séparation, à l’éloignement. C’est le sacrifice de l’âme et du corps offerts en perpétuel holocauste au veau d’or.

C’est partout, enfin, les tribulations, les scandales. C’est la maladie, le chômage, la faillite, amenant à leur suite la perturbation morale, le trouble matériel, la débauche ou la disette, le déchirement des fibres de l’estomac et du cœur.

Dans la question de gouvernement, j’ai conclu à l’unité par la législation directe. Dans la question de religion, à l’unité par le culte des sciences positives. C’est de toutes mes forces que je tends à l’unité de propriété par le communisme, comme à l’unité de la famille humaine par la destruction de la petite famille.

Pour détruire cette féodalité de la famille, que faut-il ? – Abolir l’hérédité, cette pomme de discorde qui désunit les frères ; cette pomme d’Eve qui tente la progéniture, la fascine, et l’entraîne jusqu’au parricide ; l’hérédité qui honore dans le père l’emploi de tous les moyens frauduleux, de toutes les bassesses et de tous les crimes consacrés à l’acquisition d’une fortune à léguer