à ses enfants ; l’hérédité enfin, qui fait jouir les enfants d’un bien qu’ils n’ont pas gagné, et que le plus souvent, pour ne pas dire toujours, le père a volé à son prochain ; d’un bien qui, licitement ou illicitement acquis, est et redevient par la mort du détenteur le patrimoine de tous.
Que faut-il encore ? Abolir le mariage, cette prostitution légale, cette traite des femmes qui a survécu à la traite des noirs. Que celui qui veut l’homme libre réclame l’affranchissement de la femme. Qui a été allaité par une esclave a du sang d’esclave dans les veines. Qui a été moralisé par une esclave a des pensées d’esclave dans le cerveau. Qui est fiancé à une esclave, qui est possesseur d’une esclave, est fiancé à l’esclavage, est possédé de l’esclavage. Si nous voulons pour l’homme des destinées nouvelles, gravons le droit, cette morale de la nature, au cœur de sa compagne ; tressons pour la jeune fille la couronne de chêne au lieu de la couronne d’oranger, donnons, donnons un nouveau moule à l’embryon humain.
Ainsi, affranchissement de la femme par l’abolition du mariage et par l’organisation du droit au travail, par la destruction de la tyrannie de l’homme et de la faim.
Emancipation de l’enfant par l’égalité de tous devant l’héritage commun ; par l’institution d’écoles-asiles où il trouvera tout ce qui est nécessaire à son développement physique et moral, et où il lui sera loisible d’exercer son droit à l’existence et à l’instruction, s’il ne préfère demeurer auprès de ses père et mère, dont la paternité et