la maternité ne sauraient être oppressive, n’ayant plus aucune sanction légale.
L’enfant ne doit pas plus être à la discrétion de l’autorité familiale que l’homme à la discrétion de l’autorité gouvernementale. Ce n’est pas sous la cloche de la petite famille, au fumier du groupe égoïste que doit végéter l’enfant ; il lui faut, comme au chêne, pour croître et devenir homme dans son individualité forte, l’espace et la liberté.
La femme, – j’ai honte pour mon sexe, à en être réduit à dire de ces choses qui devraient être dans l’esprit et le cœur de tous, – la femme est dans la nature humaine le parallèle de l’homme, elle est son égale en besoins de satisfactions, en droit de les satisfaire. Vouloir établir une supériorité ou une infériorité d’un côté ou de l’autre, c’est fausser les plateaux de la balance, en violenter le pondérateur et l’équilibre, c’est forfaire à la nature.
Que l’aristocrate, baron du turf ou de la banque, plaçant la femme au même rang que ses chevaux ou ses chiens, en fasse, comme d’un animal de luxe, l’exhibition au bois de Boulogne ou à Chantilly ; que l’aristocrate, artiste ou bel esprit, l’encadrant vivante dans le bois de rose ou la dorure, lui donnant pour tige ou pour enveloppe le satin et la dentelle, l’expose au musée ou dans la serre-chaude de son salon, entre deux vases de Chine ou deux statuettes de Pradier, comme une peinture de prix ou une fleur rare ; que le bourgeois même, petit fabricant ou petit boutiquier, ne la considère que comme un métier à la Jacquart pour raccommoder ses bas, ou comme