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CÉSAR FRANCK

Et la conquête de ce vaste et nouveau domaine est pour lui l’occasion de trouvailles fécondes et d’une géniale et logique rénovation des formes traditionnelles.

J’ai, je crois, assez longuement parlé plus haut de ce qui constitue l’originalité du génie classique de Franck, pour n’avoir pas besoin d’y revenir ici ; on n’a, du reste, qu’à lire attentivement la production des dernières années de sa vie pour s’en rendre compte. Je ne veux donc point fatiguer le lecteur par une sèche et impuissante analyse de toutes les œuvres remarquables desquelles est formé le monument de sa troisième manière, mais seulement citer les principales, me réservant de consacrer une étude plus approfondie aux trois immortels chefs-d’œuvre que sont le Quatuor en ré majeur, les Chorals de 1890 et les Béatitudes.

C’est à regret que je ne fais que nommer les séduisantes Éolides et le recueil des Trois pièces d’orgue composées spécialement en vue de l’inauguration de l’orgue colossal du Trocadéro, lors de l’Exposition universelle de 1878, recueil dans lequel se trouve le Cantabile en si majeur dont la douce et orante phrase restera le type de la prière d’un artiste chrétien ; par deux fois elle s’élève et, là encore, nous ne pouvons qu’admirer le merveilleux usage du canon se prêtant