Page:D’Indy - César Franck, 1906.djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
3
L’HOMME

certain intérêt. C’est peut-être à cette influence atavique que César Franck dut ses dispositions pour les arts du dessin, qu’il cultiva en sa prime jeunesse et dont le goût lui resta jusqu’en son âge mûr ; nous en retrouverons la trace dans l’étude de son œuvre.

Cependant, l’esprit du jeune homme fut de très bonne heure tourné vers la musique. Son père, homme dur et autoritaire, qui, bien que s’occupant de banque, comptait de nombreuses relations dans le monde des arts, avait décidé que ses deux fils seraient musiciens.

Il n’y avait qu’à s’incliner devant cette décision, mais, par bonheur, et contrairement à ce qui arrive généralement de ces affectations prématurées laissant trop souvent chez l’enfant le dégoût, parfois même la haine du métier entrepris invito corde, la semence musicale tomba chez César Franck dans un terrain merveilleusement apte à la faire germer et fructifier.

À peine âgé de onze ans, il entreprenait en Belgique, sous la conduite de son père, une tournée de concerts, au cours de laquelle il eut l’occasion de rencontrer une jeune pianiste, d’un an plus âgée que lui, et faisant également la même tournée de virtuose ; c’était la petite Garcia, qui devint plus tard notre célèbre cantatrice Pauline Viardot.