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CÉSAR FRANCK

nieusement combiné, l’œuvre sera solide et durable.

La composition musicale n’est point autre chose. — C’est ce que Franck, et lui seul à cette époque, savait admirablement faire comprendre à ses disciples. Dans la pratique, il tenait essentiellement à la forme, tout en laissant liberté entière pour appliquer celle-ci. En effet, en vertu de cette disposition dont j’ai parlé plus haut, à chercher dans chaque disciple la qualité particulière qui se prêtait le mieux à être cultivée au bénéfice de l’art, son enseignement était d’un extrême libéralisme, car, tout en respectant plus que personne les hautes lois de notre art, lois de nature, lois de tradition, il savait en faire l’application d’une manière intelligente en les conciliant avec le droit d’initiative individuelle qu’il laissait toujours à ses élèves. Autant les vices de forme, les malfaçons de construction qui attaquent le monument d’art dans ses forces vives, étaient sévèrement relevés par lui, autant il se montrait indulgent pour les fautes de détail ou les manquements aux doctrines conventionnelles édictées par les Écoles ; et même, si le manquement en question lui paraissait bien présenté, il nous disait, en souriant avec une bonhomie plus charitable qu’ironique : « Au Conservatoire, on ne