Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/124

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parce qu’elle gouverne le nom ; — le nom au génitif précède celui qui le gouverne ; — l’adjectif ou participe relatif précède le nom auquel il se rattache ; — l’adverbe précède le verbe ; — le substantif précède le verbe par lequel il est gouverné, etc… La forme invariable d’une phrase coréenne est donc : 1o le sujet précédé de tous ses attributs, s’il en a ; 2o le régime indirect au cas voulu, précédé également de ses attributs ; 3o le régime direct précédé de tout ce qui s’y rattache ; 4o enfin le verbe, précédé des adverbes, etc., lequel termine nécessairement la phrase.

Cette règle générale sera suffisamment complétée par les observations suivantes.

Souvent on omet le signe du pluriel, surtout dans le langage ordinaire de la conservation. Ex. : seumou sarăm, vingt hommes, pour seumou sarăm-teul.

On omet aussi volontiers le signe du génitif. Ex. : namou-nŏp, feuille d’arbre (litt. arbre-feuille), au lieu de namou-eué nŏp. Dans les mots tirés du chinois, cette exception devient la règle absolue. Ex : thiŏn-tsiou-kiŏng, prière du maître du ciel (litt. ciel-maître-prière)

Quand divers noms sont reliés par des conjonctions, le dernier seul prend le signe du cas, les autres restant invariables. Ex : nakoui-oa măl-koa kè-éké tsouŏttăpnăita, j’ai donné à l’âne, au cheval et au chien.

Les mots chinois sont très-employés, à l’exclusion des mots coréens, par les gens de la haute classe et par les habitants des villes ; les paysans eux-mêmes s’en servent quelquefois. En pareil cas, les adjectifs, noms de nombre, adverbes, etc., qui accompagnent un substantif ou un verbe chinois, doivent aussi être chinois. Jamais on ne met un adjectif coréen à un nom chinois, et réciproquement.

Quand plusieurs adjectifs se rapportent à un seul sujet, le dernier adjectif seul prend la forme ordinaire (participe relatif) ; les autres sont au radical avec la conjonction ko. Ex : kŏm-ko heué-ko peulk-ko pheur-ăn pit. Les couleurs : noire, blanche, rouge et bleue.

Dans une énumération, contrairement à nos idées de politesse, le pronom je ou moi se met le premier. Ex. : na-hăko apŏtsi-hăko ŏmŏni-hăko tong-săing-hăko nounim-hăko aki-hăko tsal-teuritta. Ce qui signifie littéralement moi-et, père-et, mère-et, frère-et, sœur-et, petit enfant-et, bien (portants) être.

Quand les termes d’une énumération sont des verbes à l’infinitif, le dernier seul se conjugue, les autres sont au radical suivi