Page:Dante - La Divine Comédie, traduction Lamennais volume 2, Didier, 1863.djvu/138

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
126
LE PURGATOIRE.

24. Déjà, au-dessus de nous si élevés étaient les derniers rayons qui précèdent la nuit, que de plusieurs côtés paraissaient les étoiles.

25. O ma force, pourquoi ainsi m’abandonnes-tu ? disais-je en moi-même, sentant que mes jambes s’affaiblissaient.

26. Nous étions là où l’escalier cesse de monter, fixes comme le navire qui aborde la plage.

27. J’écoutais un peu si j’entendrais quelque chose dans le nouveau cercle [8] ; puis je me tournai vers mon Maître, et dis :

28. — Mon doux Père, dis, quelle offense expie-t-on dans le cercle où nous sommes ? Si les pieds s’arrêtent, que ne s’arrête point ton discours.

29. Et lui à moi : — L’amour du bien, séparé du devoir qui le règle, ici se restaure ; ici est châtié le rameur paresseux.

30. Mais, pour que tu entendes mieux encore, écoute-moi, et tu retireras quelque bon fruit de notre retard.

31. Mon fils, commença-t-il, ni le créateur, ni la créature jamais ne furent sans amour, ou naturel, ou procédant de la raison ; et tu le sais.

32. Le naturel toujours est exempt d’erreur ; mais l’autre peut errer par le vice de l’objet, ou par trop, ou par trop peu de force.