Page:Dante - La Divine Comédie, traduction Lamennais volume 2, Didier, 1863.djvu/282

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LE PARADIS.

16. Je répondis : — Madonna, aussi dévotement qu’il se peut, je rends grâces à celui qui m’a tiré du monde mortel ;

17. Mais dites-moi ce que sont les signes obscurs de ce corps [4], lesquels là en bas sur la terre donnent lieu à des fables sur Caïn.

18. Elle sourit un peu ; puis : « Si l’opinion des mortels erre, » dit-elle, « lorsque la clef des sens n’ouvre pas [5],

19. « Point, certes, ne devrais-tu désormais être frappé d’étonnement, voyant que, même à la suite des sens, court est le vol de la raison.

20. « Mais dis-moi ce que de toi-même tu en penses. » Et moi : — Ce qui là-haut nous apparaît de divers, est, je crois, l’effet des corps rares et denses [6].

21. Et elle : « Profondément submergée dans le faux tu verras, certes, ta croyance, si tu écoutes bien le raisonnement que j’y opposerai.

22. « La huitième sphère [7] contient beaucoup d’astres, qu’à leur aspect on peut reconnaître différents de grandeur et d’éclat.

23. « Si cela venait seulement de la rareté et de la densité, une seule vertu serait en tous, distribuée avec ou plus, ou moins d’abondance, ou également.