Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/111

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― Et vous êtes-vous bien amusés, ce matin, chez votre grand-père ?

― Mais, nous sommes arrivés pour déjeuner, ma tante.

― Vous a-t-il menés à la fête, au moins ? Car c’est la fête du pays, aujourd’hui et demain.

― Pas encore, ma tante ; mais il va nous y mener tout à l’heure.

― Alors, il est venu avec vous ? Pourquoi n’est-il pas entré ? Justine, allez donc demander à monsieur Toussaint pourquoi il ne vient pas me voir.

La femme de chambre, une grande fille assez jolie, vêtue de noir, un bonnet blanc sur ses cheveux blonds, sort pour appeler le grand-père qui se promène dans le jardin. Il n’a pas voulu entrer ; il dit que la vue des malades l’impressionne trop ; il est tellement sensible !…

Mais le voilà qui paraît. Il s’avance, courbé, son chapeau appuyé sur le ventre, tout souriant.

― Hé ! ma chère Clotilde, comme vous paraissez bien portante, aujourd’hui ! Vous avez une mine… resplendissante, ma foi !… Et je crois, le diable m’emporte, que vous avez des couleurs ?… Mais oui, mais oui ! des cou-