Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/217

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fini, en excellent français. Content pour vous, non pour moi. Je crois qu’un exemple était nécessaire. Vous pouvez aller porter cette bonne nouvelle aux prisonniers ; je vais donner des ordres pour qu’on les relâche immédiatement… à l’exception du nommé Dubois, maire. Vous savez qu’il reste notre prisonnier ?

Mon grand-père fait un signe de tête affirmatif.

Nous entrons dans l’église. Les otages, les pieds et les mains liés, sont accroupis sur les dalles ; devant eux sont placés une cruche d’eau et des pains de munition. Un officier allemand, assis à l’orgue, joue une valse.

Sur un ordre du commandant, des soldats s’approchent des prisonniers et les délient. Mon grand-père, pendant ce temps, s’avance vers Dubois et lui parle à voix basse. Dubois détourne la tête et ne répond pas.

Nous sortons ; et les habitants massés sur la place, les malheureux délivrés, félicitent le père Toussaint, lui serrent la main, le remercient en pleurant. Des femmes l’embrassent. On lui fait une ovation.


Mais les groupes se disloquent, les habitants