Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/330

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Et elle revient, pour notre bien, à peu près tous les trois jours.

La dernière fois, elle a pris mon père à part et mon père, au lieu de l’éconduire, l’a entraînée dans la salle à manger où il l’a écoutée longtemps. Quand il est sorti, il était blanc comme un linge.


Je sais, à présent, ce que lui a appris Germaine. Le père Toussaint a amené au Pavillon une femme avec laquelle il vit maritalement et à qui il a promis le mariage ; et la dame, en attendant, fait défiler ses amis et connaissances dans la maison où est morte la tante Moreau et où ont lieu, maintenant, des orgies à faire rougir un templier. Mon père a appris autre chose encore ; il a été mis au courant des bruits qui courent à Moussy sur le compte de mon grand-père.

Les premiers jours, il a réussi à se contenir. Mais, à présent, sa colère éclate à chaque instant en imprécations terribles :

― Le vieux cochon ! Le vieux traître ! Un bandit qui mérite la mort dix fois pour une ! Ah ! si l’on disait ce qu’on sait ! Si l’on disait ce qu’on sait !