Page:Darien - La Belle France.djvu/286

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prise de la terre lui était indispensable et connue comme indispensable, à se précipiter, par un affreux retour sur elle-même, par un terrible soubresaut, dans une direction insensée ; la contraindre à empoisonner les autres peuples (ou au moins la plus grande partie d’entre eux) du virus de folie et de mensonge dont elle avait été infectée ; la laisser elle-même, gangrenée jusqu’aux moelles, comme un foyer permanent de putréfaction. Affoler le peuple par la calomnie, l’exagération, le soupçon ; le lancer constamment sur de fausses pistes ; enlever une par une, au régime établi, toutes ses chances de salut, toutes ses possibilités d’action intelligente ; rendre, par tous les moyens, sa situation de plus en plus désespérée ; compromettre et faire passer pour démentes les victimes jugées nécessaires ; les déconsidérer en les prenant pour auxiliaires aveugles, pour instruments inconscients ; créer entre les classes des sentiments d’implacable hostilité ; les séparer à jamais par des rivières de sang — des rivières de sang dans lesquelles furent noyées les Idées qui auraient permis une transformation intelligente, la constitution normale de la Nation. — Établir, sur le soi-disant principe de la souveraineté du peuple, un nouvel ordre politique et social ; affirmer au peuple qu’il a des droits, certains droits, des droits certains, dont il peut déléguer l’exercice ; dénombrer ces droits dans des constitutions sacrées ; créer la propriété individuelle du sol, fragmentée, divisible à l’infini, prime à toutes les convoitises, à toutes les lâchetés, à toute la sottise ; rendre aléatoire, éphémère, généralement dérisoire, cette propriété, en l’assujettissant à des morcellements continus par la suppression de la liberté de tester ; parvenir à faire disparaître, en apparence, l’importance réelle de la propriété territoriale sous celle, fictive, du capital ; constituer la frauduleuse omnipotence de ce capital-argent, de ce capital-papier, par la voie indirecte d’agents habilement choisis et plus ou moins conscients ; d’agents dont la rapacité, longtemps contenue et soudainement libérés, devait se manifester terrible. (Je veux ici, on le comprend, parler des Juifs. Rome les affran-