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Page:Darmesteter - Essai sur la mythologie de l’Avesta.djvu/64

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libations, avec les libations répandues avec piété ; à celui-là donnez fortune et splendeur, à luisante du corps (tanvô drvatâtem) à lui force du corps, à lui vigueur victorieuse du corps, à lui richesse tout éclatante, à lui descendance bénie du ciel, à lui longue, longue vie (dareghâm dareghô-gîtîm), à lui place dans le monde excellent des purs, éclatant, tout lumineux**1. » C’est la contre-partie, délayée, de la formule précédente : on y trouve les deux traits essentiels que nous avons tant de fois rencontrés dans cette étude, santé et longue vie, santé et immortalité. C’est parce que les eaux donnent la santé, que la grande déesse des eaux, Ardvîçûra, et guérissante (baêshazî)**2 ; c’est parce que les eaux donnent le non-mourir, que le Haoma blanc, le Haoma de l’immortalité, le Gaokerena, pousse dans les eaux d’Ardvîçûra**3.

§ 37. Plantes. — « Quel fut le premier des hommes guérisseurs ? demande Zoroastre. Quel est le premier qui envoya la maladie à la maladie, la mort à la mort ?**4. — Ce fut Thrita, répond Ahura Mazda ; il demandait un remède pour résister à la maladie, pour résister à la mort, pour résister à la souffrance, pour résister à la fièvre froide,... à la fièvre chaude... qu’Anrô-mainyu a créées pour le corps des mortels. Alors moi, Ahura Mazda, j ’apportai les plantes salutaires, qui, par centaines, par milliers, par dizaines de mille**5, croissent autour de l’unique

1. Yaçna 67. 30. Yô vô âpô va ?iuhîs yazâitê ahurânîs ahurahê vahistâbyô ’/aothràbyô rraèstâbyô zaothràbyô clalimô-pairi ?jharstàbyô zaothràbyô abmâi raèsca qarenaçca ahmài tanvô drvatàtem ahmâi tanvô verethrem abmâi istîm pouruqàthrâm ahmâi àçnâmci ? frazafitim ahmâi dareghâm dareghô-gîtîm abmâi vahistem ahùm ashaonâm raocanhem vîçpô-qàtbrem.

2. Yaçna 64, 2.

3. Bundehesh 64, 1.

4. Cf. page 31. note 2.

5. D’après le Bundehesh (chap. IX) les plantes salutaires sont au nombre de dix mille. Voilà qui permet, peut-être, d’expliquer un détail bien connu de l’organisation militaire des Perses. II y avait dans l’armée un corps d’élite composé de dix mille hommes, appelés les Immortels (ἀθάνατοι), parce que, dit Hérodote, tout soldat qui était enlevé à ce corps par la maladie ou la mort était aussitôt remplacé, de sorte que l’effectif restait invariable (Hérodote 7, 83). En réalité, la légion des Immortels était la légion consacrée à l’Amshaspand de l’Immortalité, Ameretât, et elle était composée de dix mille hommes, parce que l’armée des plantes salutaires, l’armée d’Ameretâ^, est composée de dix