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L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME

un enfant ne quitte une classe qu’après avoir acquis les notions exigées dans la classe précédente. Il faut donc limiter assez le nombre des élèves pour que le maître puisse se rendre compte des progrès de chacun par des examens périodiques sur toutes les parties du programme. Il faut exiger surtout une grande assiduité aux leçons, faire une classe particulière, des répétitions spéciales pour les nouveau-venus et proportionner le personnel des maîtres à celui de la population scolaire.

Pour atteindre ce but, il n’est pas même nécessaire de déterminer à priori le nombre des écoles à ouvrir dans une localité, attendu que la capacité plus ou moins vaste des salles permet de recevoir un plus ou moins grand nombre d’enfants et de maîtres. Quand on aura déclaré que tout enfant ayant droit à l’enseignement, tout tuteur a le devoir de l’envoyer à l’école, et toute commune celui de l’y recevoir, les convenances et les nécessités locales régleront ensuite mille autres questions de détail, auxquelles notre niveau centralisateur a été jusqu’à présent si funeste.

Quoique l’application des programmes ne doive point paralyser l’initiative des institutrices, l’inspectrice pourrait s’assurer, en questionnant les élèves, que leur classement méthodique et progressif a été fait avec toute l’impartialité possible.

Si borné et si court que soit alors le temps de la fréquentation de l’école primaire, il faudra l’employer à entretenir l’activité d’esprit des élèves et à leur apprendre à s’instruire par elles-mêmes. L’institutrice intelligente, se gardant d’exiger des récitations littérales et inconscientes de narrations ou de faits incompris, cherchera à former le jugement des enfants en leur faisant définir les mots qu’ils emploient, répéter la leçon en d’autres termes, expliquer leurs lectures, en prendre des notes, en faire des résumés, mettre en prose quelques morceaux choisis de vers, etc. L’habitude de se servir du dictionnaire, de la table d’un livre, de suivre les indications d’une carte, d’un plan, d’un dessin, en un mot de ne confier à la mémoire que les faits que l’intelligence se sera assimilés par