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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE

et le Dering de jeter cent hommes de renfort dans ces places.


III


La tempête fait rage. Une ancre se rompt ; l’équipage s’affole. « Le chaos et le désordre se mêlèrent bien vite parmi des gens accablez ; et quand la terreur se fut répandue, nous ne pûmes plus les rassurer… L’ancre de touée et un greslin rompirent. Celle d’affourche ne pouvant tenir, nous fûmes contraints d’en couper le cable. Une vague fit sauter notre galerie et brisa une table et ses bancs qui étoient dans la grand’chambre. Nous perdîmes notre gouvernail sur les dix heures du soir, et nous nous crûmes entièrement perdus. À mesure que la marée montoit, notre vaisseau, qui étoit entrainé par son cours, talonnoit insensiblement. Tous ces différens mouvemens faisoient dresser les cheveux aux plus insensibles. Enfin il creva par le milieu de la quille sur le minuit et emplit d’eau par dessus l’entre-deux ponts. Nous passâmes la nuit en ce pitoyable état, et nous vîmes à la pointe du jour la terre à deux lieues. »

Calme dans les pires conjonctures, d’Iberville songe non seulement à sauver son équipage, mais à remplir sa mission jusqu’au bout. « Il ne s’agissoit pas seulement de conserver la vie, il falloit