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LA GRANDE AVENTURE DE LE MOYNE D’IBERVILLE

re d’autres ». Energie, ténacité, belle confiance en ses forces : tout notre homme est dans ces deux phrases. Son courage est d’autant plus digne de remarque que la rivière est grouillante de crocodiles.

Il tombe dans un lac, qu’il nomme Pontchartrain ; puis dans la baie du Lago de Lodo (la Mer de boue), à huit lieues de ses navires.

Sauvolle et Bienville étaient revenus, rapportant une nouvelle excellente. Au départ du village des Mougoulachas, le père Douay constata la disparition de son bréviaire et de ses notes de voyage. Tragédie ! Le bon père revient sur ses pas, supplie, pleure pour attendrir les sauvages. Les pauvres bougres protestent, puis se fâchent qu’il les prenne pour des voleurs. Il faut imposer silence au religieux, entêté, inconsolable. Mis en confiance, le chef montre une lettre que Tonti avait écrite à La Salle du village des Quinipissas (c’était le même), le 20 avril 1685. Tonti annonçait que, ayant descendu le fleuve et cherché en vain l’explorateur sur les côtes du Mexique et de la Floride, il était forcé de rentrer au Canada. « Quoyque nous n’ayons pas entendu de vos nouvelles ni veu de vos marques, je ne désespère pas que Dieu ne donne un bon succès à vos affaires et à vostre entreprise ». La lettre attend depuis quinze ans, dans la cabane d’un sauvage… S’y trouvent aussi une Imitation portant la signature