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À LA BAIE D’HUDSON

Laissé à ses seules ressources, d’Iberville exécute la première partie du projet, avec ses rudes Canadiens, qu’il paie de ses deniers. Parti de Rochefort au printemps, il arrive le 27 juin à la baie des Espagnols (Sydney), avec l’Envieux, le Profond, sous M. de Bonaventure et le Wesph, commandant Jean Léger de la Grange, corsaire canadien. L’abbé Beaudoin, ancien mousquetaire du roi, est l’aumônier et tient le journal du voyage. En passant à l’île Verte, la division prend le flibustier Baptiste, curieux personnage « marié à plusieurs endroits en France et en Hollande outre la femme qu’il a à Port-Royal » et à qui le roi avait donné un brigantin pour faire la chasse à l’Anglais. Il amène des sauvages.

Le Wesph s’en va à Québec, chercher les Canadiens que d’Iberville y a fait lever à ses frais. Le 14 juillet, les deux autres navires mouillent à cinq lieues de la rivière Saint-Jean. La brume se levant, ils aperçoivent trois voiles anglaises, le New Port, le Sorling et une conserve, qui viennent à eux. D’Iberville se porte de l’avant à petite voile. « Le Profond se met en façon de prise et ne doit ouvrir ses sabords qu’à la portée du fusil des ennemis, qui vont être bien reçus de nos gens ». Deux Anglais s’approchent et lancent leurs volées. Soudain, le Profond ouvre sa batterie d’en bas et mitraille : l’ennemi fuit. Les Français lui coupent la route.