Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/149

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les patriotes

étaient à faire des recherches dans ce village, pour s’emparer de lui, il partit pour Saint-Césaire, et fut arrêté par un de ses anciens amis, que la peur avait transformé en un lâche dénonciateur. Conduit à Montréal, les menottes aux poignets, comme un malfaiteur, il fut emprisonné jusqu’au 2 juillet 1838.


andré ouimet


M. Ouimet fut une des premières victimes des mandats d’arrestation du 16 novembre 1837. Sa qualité de président des Fils de la liberté lui donnait droit à cette faveur. Il se trouva en bonne compagnie, car, le même soir et le lendemain, il fut rejoint par plusieurs de ses amis. Il resta huit mois en prison. C’était long pour un homme accoutumé à une vie d’émotion et d’activité.

Il a laissé le récit de ses impressions de prison dans des mémoires curieux, remplis de réflexions plus ou moins orthodoxes, d’idées originales et de boutades sarcastiques à l’adresse des bureaucrates. La manière dont il raconte son arrestation nous donnera une idée du ton de ses mémoires et de sa trempe d’esprit et de caractère. Écoutons-le :

« Il était six ou sept heures du soir, un jeudi, 16 novembre 1837. Je ne l’oublierai jamais, ce jour-là ! Resté chez moi, parce qu’il faisait mauvais temps, j’étais occupé paisiblement à hacher mon tabac pour fumer, un volume des romans de sir Walter Scott près de moi ; c’était, je crois, le troisième volume du Pirate… Il est joli ce roman !… Enfin, je ne pensais pas à faire de promenade au dehors, ce soir-là, quand, tout-à-coup, j’entends un grand bruit dans l’escalier qui conduit à mon appartement. On frappe à la porte.

« — Entrez, que je dis.

« Et de suite, je vois apparaître le ministre de la