Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/183

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les patriotes

signes extérieurs, mais il en pratiquait les préceptes et la morale.

Doux et gentilhomme dans ses relations personnelles, il gagnait l’amitié de tous ceux qui l’approchaient. Deux de ses meilleurs amis étaient le capitaine Markman et le colonel Weir.

« La dernière fois que je le vis à Montréal, dit M. Brown, il se promenait avec eux sur la rue St-Jacques. » Triste et singulière coïncidence ! Pendant que Perrault tombait à Saint-Denis sous les balles anglaises, Weir était tué par des patriotes sur le chemin de Saint-Charles, et Markman, une heure plus tard, était blessé grièvement, au moment où, à la tête de la cavalerie, il essayait de tourner la position des patriotes renfermés dans la maison de madame Saint-Germain.

Lorsque M. Perrault fut tué, il était marié depuis trois ou quatre mois ; sa femme, une demoiselle Roy, devint madame John Pratt.

Lorsqu’il apprit, vers trois heures de cette glorieuse journée du 23 novembre, que les patriotes avaient battu les troupes anglaises, il dit à ceux qui l’entouraient : « Dieu soit béni ! je ne regrette pas d’avoir sacrifié ma vie pour la liberté de mon pays. » Son agonie fut longue et cruelle, la balle qu’il avait reçue lui ayant déchiré les entrailles, mais il trouva dans la foi qui l’animait et le patriotisme dont son âme était imprégnée, la force de quitter, résigné, la vie qui lui souriait, de dire adieu aux êtres chéris dont il était l’honneur et l’espoir.

Son corps fut transporté à Saint-Antoine et inhumé modestement dans l’humble cimetière de cette paroisse. C’est là que repose encore sa dépouille mortelle, près du champ de bataille où il a versé son sang.