Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/264

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ragés les accueillaient par des hurlements de bouledogues et des vociférations de cannibales.

C’est à de Lorimier qu’on en voulait surtout, c’est sur lui qu’on s’acharna pour le faire trouver coupable. Le juge-avocat, M. Day, le prit à partie, dans son adresse à la cour martiale, et le représenta comme un homme des plus dangereux, l’un des fauteurs de la rébellion, celui qui méritait le plus de mourir sur l’échafaud.

Les journaux bureaucrates annoncèrent avec plaisir que de Lorimier serait condamné. Ils ne se trompèrent pas. Tous les accusés furent condamnés à mort, mais de Lorimier seul fut exécuté.

Le 12 février, pendant la soirée, les condamnés qui, depuis trois semaines, s’attendaient tous les jours à ce qu’on les avertît de se préparer à monter sur l’échafaud, apprirent que les autorités avaient fait une commande de sept cercueils. Il y en aurait donc sept d’exécutés, les sept premiers sur la liste, savoir : de Lorimier, Brien, Dumouchel, Rochon, F.-X. Prieur, Wattier et Laberge.

Quoique habitués à l’idée de mourir sur l’échafaud, les prisonniers dormirent mal dans la nuit du 12 au 13. Ces cercueils leur firent faire de mauvais rêves.

Le lendemain, à 3 heures, ils apprirent que les juges-avocats venaient d’entrer au bureau du geôlier pour signifier aux victimes choisies que le jour de l’exécution était fixé au vendredi suivant. On était au mercredi ; l’avis était court.

Nous croyons devoir laisser maintenant M. Prieur raconter le dernier acte de ce drame émouvant :

« Quelques instants après, la porte de notre prison s’ouvrit et le geôlier, s’arrêtant au milieu de la porte ouverte par son aide, appela :

« — Charles Hindelang ! »

« Environ dix minutes après, la porte s’ouvrit de nouveau et le geôlier appela :