Page:De Barrau - Aux instituteurs du canton de Dourgne.djvu/12

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bord, car il faut bien commencer par elle, est une des plus graves, des plus importantes, on peut même dire une question vitale pour un pays dans lequel le suffrage universel est la base sur laquelle repose tout l’édifice social. Dans ce pays, et c’est le nôtre, l’instruction n’est plus du luxe, du superflu, c’est le nécessaire qui est dû à chacun et que chacun a le droit de réclamer s’il ne lui est offert.

Ici commence la tâche de l’instituteur, ici se révèle l’influence que doit exercer ce fonctionnaire, si humble en apparence, mais en réalité si puissant à faire le bien. Cette influence ne se manifeste pas, il est vrai, par des coups d’éclat, mais, pour être lente et voilée, elle n’en est pas moins certaine et profonde.

En effet, l’instituteur a sous sa direction la jeunesse du pays, cette jeunesse, qui, un bulletin à la main, dans un temps peu éloigné, décidera par son vote des destinées de la patrie. Ignorant ou éclairé, aveugle ou conscient, à l’heure du scrutin, l’électeur est le maître ! Et qui donc élève le futur électeur ? Qui donc élève le citoyen ? C’est l’instituteur : c’est lui qui tient en main la