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être relevé. J’espère que personne ici n’éprouve à ce sujet le moindre doute. Chacun doit être convaincu de la nécessité de cultiver et de développer l’intelligence des femmes ; la justice et l’intérêt sont d’accord pour le démontrer. — Au point de vue de la justice, puisque personne ne conteste que la femme possède les facultés nécessaires à la culture intellectuelle, personne ne peut se refuser à reconnaître qu’elle a droit à cette culture ; si elle a des facultés c’est pour les développer et en user, tout comme l’homme développe et emploie les siennes. Quiconque repousserait cette incontestable vérité manquerait absolument du sens du droit et de la justice. L’intelligence est faite pour être cultivée partout où elle se trouve, comme les pieds sont faits pour marcher. On ne peut pas faire exception à cette règle parce qu’il s’agit de femmes.

Nous n’aurions pas loin à aller, Messieurs, pour trouver des exemples à l’appui de ce que je viens de vous dire, et si je ne craignais de blesser leur modestie, je vous montrerais, ici-même, des femmes qui, placées seules à la tête de leurs affaires, les dirigent aussi habilement que pour-