Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/181

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VI.


Le roulier se trouva bientôt près de la corde et près d’Hendrik.

Sans doute il le vit tel que celui-ci s’imaginait être :

— Mystérieux fantôme, dit-il, qui que tu sois, ange ou démon, daigne me répondre. Peut-on danser sur cette corde ?

Tout à fait radouci en s’entendant appeler fantôme et démon, Hendrik répondit d’un ton digne : « Tu le peux. »

Le roulier s’avança donc, et Hendrik le regarda qui dansait de son mieux sur la corde, et l’écouta disant :

— Je suis honnête, très-honnête, le plus honnête homme du monde.

Et les bonnes gens du fond d’applaudir.

— Je ferai bien l’usure, disait-il à part lui, je prêterai à la petite semaine, je serai dur aux pauvres, inhumain à un chacun, mais je ne volerai point, je ne tuerai point, et ne paillarderai qu’en secret.

Et les bonnes gens qui le voyaient bien danser et ne