Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/188

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



IX.


Mais, dit Hendrik, d’autres pantins se montrent, maître Job et ses quatre compagnons. Approche saltimbanque, n’aie pas de crainte, polichinelle ! Viens ici, te dis-je. Et vous autres, imitez-le, satellites ; reflets, suivez-le ! faites comme lui, clairs de lune ! Votre costume est vert et pelé, mais votre dignité est encore plus pelée que votre costume.

— Monsieur du diable, dit maître Job en s’avançant, puis-je vous supplier de ne pas interpeller aussi durement ces sensibles jeunes gens. Regardez-les, ils sont prêts à pleurer. Consolez-vous, mes amis, cet esprit n’avait pas l’intention de vous insulter. Savez-vous devant qui vous êtes ? Non. Comment, à ce noble port, à ces regards perçants, à ce vaste front, à l’expression de hautaine mélancolie qui assombrit ce beau visage, n’avez-vous pas reconnu le plus orgueilleux, le plus infortuné, le plus triste, le plus beau des anges, leur roi à tous, le puissant Lucifer ?

— Cesse, dit Hendrik, cesse bélître, de m’assommer de tes flagorneries.