Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/212

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IV.


Cependant Ser Simon Huygs étant revenu au logis, vit Johanna sa femme assise à la fenêtre et regardant, sans les voir, trois bons hommes de pierre sculptés sur la Maison des Tonneliers. Ces bons hommes travaillaient depuis trois ans de leurs doloires sur leurs douves. Johanna ne les voyait point mais bien, en son esprit, Roosje amoureuse.

Elle pria tout bas Madame Jeanne sa benoîte patronne de vouloir bien faire que celui qui avait pris le cœur de Roosje fût aussi bon que beau et aussi riche que bon.

Ser Huygs ouvrit la porte, mais elle ne l’entendit point ; il vint près d’elle, mais elle ne bougea point, car elle regardait toujours les trois bons hommes, les douves et la doloire. Elle tressaillit même de peur lorsque Ser Huygs lui mettant la main sur l’épaule, demanda : Femme qu’as-tu donc ?

Elle le regarda alors avec des yeux si effarés que