Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/33

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XII.


Que le lecteur veuille bien prendre la peine de se transporter maintenant à Meulestee, près de Gand, dans un grand parc, au milieu duquel s’élève un joli château renaissance. Le maître du parc et du château s’appelle Dirk Ottevaere. C’est un original que Dirk : du vivant de son père, une espèce de basile, pédant hypocrite et son précepteur, calomnia une jeune fille pour laquelle Dirk avait une passion d’enfant ; il le mit à la porte en lui tenant ce discours. — La jeune fille traversait précisément la pelouse devant le château :

— Regarde pédant, lui disait-il, regarde-la et regarde-toi : tu es bête, tu es laid, tu prises et tu as eu le front de venir te poser ici en représentant de la science qui, disais-tu, rend les hommes bons, et parce que tes caresses de limace ont toujours dégoûté une pauvre enfant, tu as fait sur son compte d’infâmes rapports à mon père. N’ayant pu obtenir son amour tu as voulu lui voler son honneur. Qu’est-ce donc que tes livres t’ont appris ? L’orgueil, la vanité, la paillardise et l’espionnage. Pauvre fille,