Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/87

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les charnières des portes des appartements, du rez-de-chaussée, les pênes, les clés, les verroux et les serrures furent si bien graissés par une main invisible qu’ils roulèrent, glissèrent et s’ouvrirent avec aussi peu de bruit que si toute cette ferrure eut été de soie.


XXXII.


Il neige, les légers flocons tombent mollement ; pas de bruit, pas un souffle ; une tranquillité profonde, un calme indicible sont répandus dans l’air ; la réverbération du gaz sur les flocons semble entourer les réverbères d’un globe d’ouate lumineuse ; l’heure, onze heures sonnent étouffées à tous les clochers.

Anna sort de chez elle, Braf la suit ; elle casse la chaîne de sa montre, détache ses bracelets : — Plus de souvenirs de lui, dit-elle. Elle va les jeter dans la neige, quand passe une fille : — Le temps est mauvais, dit-elle, commère, pour le métier. — Approche, répond Anna, j’ai un cadeau à te faire. — Un cadeau, dit la fille, voyons : une montre, une chaîne, des bracelets, des bagues. Ce n’est pas du faux n’est-ce pas. — Non, dit Anna en continuant sa route.