Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/93

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XXXIV.


Le lendemain, Ottevaere reçut une bible flamande reliée avec un certain luxe. Elle devait avoir servi de cadeau en une circonstance solennelle. La tranche en était dorée et la couverture de chagrin noir bordée de vermeil. Sur la première page, une main, visiblement émue en écrivant, avait tracé ces mots en gros caractères :

« Anna Hermann, mon agneau, le jour de ton baptême, ton père Josephus te donne cet ami.

» 7 juillet 1839. »

Ottevaere savait que le livre saint avait été réellement l’ami d’Anna et son compagnon.

— Peut-être, se dit-il, vais-je y lire l’histoire de son cœur.

En effet, la date du 29 novembre 1857, jour où Anna avait reçu la première lettre d’Ottevaere, se trouvait à côté du verset suivant :

« C’est en vain qu’on jette le filet devant les yeux de ceux qui ont des ailes. »

En d’autres endroits une aiguille avait marqué de points agglomérés ces versets significatifs :