Page:De Coster - La Légende d’Ulenspiegel, 1869.djvu/173

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Quand seigneur Maan viendra
Dire bonſoir à dame Zee,
Dame Zee lui servira
Un grand hanap de vin cuit,
Quand seigneur Maan viendra.

Avec lui elle soupera
Et maintes fois le baiſera ;
Et quand il aura bien mangé,
Dans son lit le couchera,
Quand seigneur Maan viendra.

Ainſi faſſe de moi m’amie,
Gras souper & bon vin cuit ;
Ainſi faſſe de moi m’amie,
Quand seigneur Maan viendra.

Puis, tour à tour buvant & chantant un quatrain, il s’endormit. Et il ne put entendre Nele diſant : « Ils sont dans un pot derrière le contre-cœur de la cheminée » ; ni voir Ulenſpiegel entrer par l’étable dans la cuiſine de Claes, lever la plaque du contre-cœur, trouver le pot & les carolus, rentrer dans le clos de Katheline, y cacher les carolus à côté du mur du puits, sachant bien que, si on les cherchait, ce serait dedans & non dehors.

Puis ils s’en retournèrent près de Soetkin & trouvèrent la dolente épouſe pleurant & diſant :

— Mon homme ! mon pauvre homme !

Nele & Ulenſpiegel veillèrent près d’elle juſqu’au matin.


LXXII


Le lendemain, la Borgſtorm appela à grandes volées les juges au tribunal de la Vierſchare.

Quand ils se furent aſſis sur les quatre bancs, autour de l’arbre de juſtice, ils interrogèrent de nouveau Claes & lui demandèrent s’il voulait revenir de ses erreurs.

Claes leva la main vers le ciel :