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IIII

LA VENGEANCE


Du haut de son observatoire, La Source avait été témoin de l’intervention de Fleur des Ondes. Sa première pensée en avait été une de gratitude pour la femme mystérieuse et bienfaisante ; mais à ce bon mouvement succéda aussitôt un sentiment de jalousie. Cruellement illogique, elle en voulut à cette inconnue de rendre impossible le sacrifice que rêvait son fol amour.

Après avoir tremblé comme une feuille au vent, à l’idée de son impuissance, il lui semblait à cette heure, qu’elle aurait sûrement sauvé son ami : « Il m’aurait dû la vie, pensait-elle, et m’aurait aimée. Ne m’aimait-il pas déjà puisqu’il a répondu : “Pourquoi pas ?” lorsque mon cœur a trahi son secret ? »

L’âme ainsi agitée, elle descendit de sa cachette avec mille précautions, fit un détour pour éviter le campement des Iroquois, et rejoignit la piste des Français.

Toujours se dissimulant, elle les suivit à distance ; de loin elle les vit pénétrer dans la caverne, et attendit que la nuit fut tout à fait venu pour aller rôder autour.

Poussée de plus en plus par la curiosité et la