Page:De Smet - Lettres choisies,1875.djvu/288

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triste et bien sombre. Placées, comme elles le sont, sous la juridiction des États-Unis, environnées de blancs de toutes parts, leur ruine paraît certaine. Les sauvages disparaissent insensiblement.[1] Dans cinquante ans, on ne trouvera plus, pour ainsi dire, de traces des indigènes. Que sont devenues ces tribus puissantes qui, au commencement de ce siècle, habitaient la grande et belle région de l’Ouest, partagée aujourd’hui en divers États  ? Vous n’y rencontrez que quelques restes dispersés çà et là sur les frontières. De nos jours, les mêmes causes sont en pleine activité et produisent les mêmes effets. Depuis quatre ans surtout, les grandes émigrations européennes ne font qu’y ajouter. Ces émigrations se multiplient de plus en plus et se succèdent comme les vagues de la mer. Tous les nouveaux venus de l’Europe doivent trouver une issue : cette issue est l’ouest.

Dans le courant de cette année 1854, des traités ont été conclus avec les Omahas, les Ottoes et Missouris, les Sancs, les Renards du Missouri, les Iowas, les Kickapoos, les Shawanons et les Delawares, ainsi qu’avec les Miamies, les Weas, les Piankeshaws, les Kaskaskias et les Peorias. Par ces traités, les différentes tribus cèdent aux États-Unis les portions les plus vastes et les plus

  1. D’après la Statistique officielle du département indien à Washington, le chiffre total de toutes les tribus sauvages s’élevait, en novembre 1863, à deux cent soixante-huit mille soixante-dix-neuf (268, 079) individus. (Note de la présente édition.)