Page:De la Démonomanie des Sorciers (1587).djvu/141

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vne montaigne au bord de la mer: and que Dieu a ly é par vne puissance emerueillable, and pofé bornes aux eaux, qui ne passeront point outre. Quant aux Cometes, qui sont and ont tousiours esté signes de l'ire de Dieu par vne experience de toute l'Antiquité, Aristote ne peut nyer que cene soit chose outre le cours ordinaire de nature: and les raisons par luy alleguees de la creation des Cometes, lances à feu, dragons de feu, sont trouuees friuoles, and ridicules à toutes les sectes de Phi losophes, comme il est tout certain que la Comete ordinairement ne dure moins de XV. iours, ny gueres plus de deux mois, les vnes grandes, les autres petites. Les vnes vont le cours du premier mobile, comme la derniere, qui aduient au mois de Nouembre 1577. les autres du midy en Septentrion, comme celle qui apparut l'an 1556. les autres demeurent fixes, comme celle qui apparut en Nouembre 1573. Mais par quelle nourriture ce grand and espouuantable feu est il nourry? and pourquoy les pestes, ou famines, ou guerres s'en ensuiuent? Aristote n'a rien veu en tout celà. Aussi sont signes de Dieu, and faut que chacun confesse son ignorãce, en donnant louange à Dieu, plustost que par vne arrogance capitale luy voler cest honneur, en recherchant la nourriture d'vn si grand feu, and si durable és fumees and vapeurs, en la purité de la region ætheree. Ioinct aussi que les vapeurs and fumees ne manquent point tous les ans, tous les moins, tous les iours, and les impressions de feu en la region ætheree ne se voyent pas quelquesfois en dix ans vne seule fois, comme il a esté remarqué des anciens. Et sans parler des choses Page 156

miraculeuses, and