Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/111

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spirituel.

C’est là ce qu’il faut considérer, bien plus que les vieilles objections de la philosophie contre le christianisme, pour comprendre quelle est la source de cette opposition violente, de cette haine effrénée dont la religion catholique est aujourd’hui l’objet. Fondée sur l’autorité, elle proscrit tout ensemble et la souveraineté politique du peuple et la souveraineté de la raison, qui n’est que l’indépendance absolue d’un être supérieur.

Le désir de cette indépendance, ou de l’extinction totale de la société humaine, tourmente une foule d’insensés ; elle est, de leur aveu, le but constant de leurs efforts. Chose effrayante à dire, Dieu et l’homme sont en présence : il s’agit de savoir à qui l’empire restera.

D’un autre côté, les gouvernements engagés dans un système d’athéisme légal, favorable à la fois et par les mêmes raisons au despotisme et à la démocratie, regardent avec défiance la seule vraie religion, qui tend par son essence à régler et à modérer l’exercice du pouvoir qu’elle affermit ; et ne se croyant jamais assez en sûreté contre elle, ou ils la persécutent ouvertement, ou ils essaient de l’affoiblir par une guerre sourde non moins dangereuse peut-être. Qu’on ne s’y trompe pas cependant, son culte, sa doctrine, ce n’est pas là ce qui les inquiète ; rien ne leur est, au contraire, plus indifférent. Et comme le caractère de loi qu’elle