Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/114

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où Dieu même leur commande de marcher ; elle instruit, reprend, conseille, ordonne, non pas en son nom, mais au nom du suprême législateur. élevée au-dessus de ce qui passe, elle domine les établissements humains, qui empruntent d’elle leur force toujours si fragile, et cette vie qui s’épuise si vite. Sans elle que seroit l’Europe, que seroit le monde ?

Et cependant on verra les gouvernements qui lui doivent tout ce qu’ils ont de stabilité, la combattre, parce que l’homme aveuglé, enivré par le pouvoir, ne sait plus supporter la règle. Que n’a point essayé la puissance séculière pour soumettre l’église à ses volontés ? Quel est le genre d’attaque que l’on n’ait point employé contre elle ? Naguère on démolissoit ses temples, on traînoit ses prêtres à l’échafaud. Maintenant on lui laisse l’exercice de son culte, puis qu’enfin le peuple en veut un ; mais on tente de la dissoudre comme société. Afin d’arriver à ce but, on gêne sa discipline, on entrave son gouvernement, on trouble sa hiérarchie. Entrons dans le détail de cette persécution nouvelle.

La discipline, sauvegarde de la foi et fondement du bon ordre, sert encore à maintenir, au moyen d’un régime et d’une législation uniforme, les liens extérieurs de l’unité si essentielle à l’église. Elle fait de tant de pasteurs, dispersés dans le monde entier, un seul corps dont les membres,