Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/211

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il arriva chez les romains sous les empereurs, ce fut toujours pour ce peuple un signe de mort, et l’annonce de la dissolution prochaine et totale de la société.

Or, la loi divine, qui, comprenant tous les devoirs immuables de l’homme et constituant par là même tous les droits, doit régler l’exercice de la souveraineté, n’est autre chose que la religion.

Il y a donc une loi spirituelle, une loi religieuse, à laquelle Dieu même a soumis la souveraineté ; loi qui oblige non seulement le souverain comme homme, mais aussi comme souverain.

Avant Jésus-Christ, cette loi, purement traditionnelle, n’avoit d’autre interprète que le sentiment général, ni d’autre garantie publique que la résistance immédiate du peuple, lorsqu’elle étoit violée fondamentalement ; et c’est là une des causes, et la principale, du peu de stabilité de la société chez les anciens, et des troubles qui l’agitoient presque sans interruption.

Tout ce qui est divin, tout ce qui exprime les rapports naturels des êtres, étant inaltérable en soi, le christianisme n’abolit point l’ordre primitif, il le perfectionna, et la parole du Christ : je ne suis point venu détruire la loi, mais l’accomplir, est rigoureusement vraie dans tous les