Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/63

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plus, ajoute-t-il, si dans chaque état, et sous le même méridien, la loi politique change, la vérité, compagne docile, change avec elle. Et toutes ces vérités, contradictoires entre elles, sont la vérité au même titre, la vérité immuable et absolue… On ne sauroit pousser plus loin le mépris de Dieu et des hommes : et cependant telles sont les conséquences naturelles et nécessaires du système de la vérité légale. »

Nous recueillons avec empressement l’aveu que contiennent ces paroles. Appliquées au système protestant, dont l’examen particulier est, comme on le sait, la base, elles sont d’une justesse rigoureuse ; mais il n’en est pas ainsi de la religion catholique, qui repose sur le principe absolument opposé.

Dans cette invariable religion, aucun individu ne crée la vérité, ou ne la détermine par son jugement ; mais il la reçoit sans discussion d’une autorité toujours vivante et parlante, spirituelle par sa nature, et infaillible même humainement, puisqu’il n’en est point de plus élevée sur la terre.

De même aussi l’état ne crée point la vérité ou ne la détermine point par son jugement ; mais, comme l’individu, il reconnoît cette loi immuable des esprits et s’y soumet, en écoutant ce qu’enseigne l’autorité indépendante, universelle, perpétuelle, qui la promulgue sans interruption.

Ainsi il ne peut y avoir en matière de religion, n