Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/83

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


demi-siècle, et continue de diminuer progressivement.

Ce fait n’est que trop incontestable, et seroit, au besoin, susceptible d’être établi par les documents les plus positifs. Le gouvernement lui-même, à cet égard peu suspect d’exagération, est convenu, en exposant les motifs du projet de loi sur le sacrilège, de la multitude d’impiétés commises par des malheureux dépourvus de foi, et il a présenté la négligence, l’oubli, l’indifférence, comme le caractère particulier de ces tristes temps. C’étoit avouer, en d’autres termes, l’affoiblissement de la vie morale dans la société ; car la société vit de foi ainsi que l’homme, et la religion, fondement des devoirs, est aussi l’unique source des idées spirituelles, et de tout ce qui élève au-dessus des sens. Si l’on en doutoit, qu’on observe comment la philosophie du dernier siècle, en se répandant, a introduit peu à peu un matérialisme abject dans les esprits et dans les mœurs, d’où il a passé dans les lois, l’administration et le gouvernement.

Des individus, égarés par de fausses doctrines, ont corrompu l’état, qui corrompt à son tour les individus : car quel est le peuple dont la foi pût résister à des lois athées, à l’influence continuelle d’un gouvernement à qui toute croyance est indifférente ? Quand on le voit payer également, protéger également les cultes les plus opposés, que voulez-vous que pense la multitude, to