Page:Deherme - L’Idéologie délétère.djvu/42

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Même le syndicalisme, trop influencé par les superstitions matérialistes, en est dévoyé.

Certes, les associations sont bien la vie de la démocratie ; mais encore faut-il qu’elles n’empiètent point et qu’elles coopèrent. Or, si elles ne sont pas réglées et coordonnées par une direction supérieure, ces forces ne peuvent que s’agiter, s’entre-détruire, exploser. L’ordre — et d’abord spirituel — leur est indispensable, et en proportion même de leur puissance. Il n’y a que le néant qui se puisse passer d’ordonnance.


XXVIII. — Corporatisme et syndicalisme.


C’est, d’ailleurs, tout ce qui distingue essentiellement l’ancienne corporation du syndicat actuel.

Au moyen âge, l’artisan n’avait en vue que le but, l’œuvre qu’il entreprenait fervemment, qu’il parachevait avec amour. Ce n’est pas la faim, le lucre qui le pressaient. La surveillance, le contrôle étaient inutiles. Lié par l’honneur du métier, il ne suivait que sa volonté profonde, il était fier et libre. Son « chef-d’œuvre », Dieu le voyait. Et c’est ainsi que s’érigeaient les cathédrales dans la joie de magnifier ce qui perpétue l’être.

Notre prolétaire « conscient », aigri, malheureux, n’est obsédé que par le moyen, le salaire. Pour lui, cet argent seul importe. Et il camelote, il sabote