Page:Delâtre - L’Égypte en 1858.djvu/22

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 25 —

line à un parasange de la ville, sur une langue de terre que la mer entoure de trois côtés [1]. »

Aujourd’hui, il ne reste pas une pierre de cette tour, que les anciens classaient parmi les merveilles du monde. Il ne reste guère davantage non plus des autres édifices d’Alexandrie ; il n’y a pas de traces des six cents temples, des trois cents théâtres ni des quatre mille bains de cette ville immense. Où est le Serapeum, où est le palais des Ptolémées, où est la fameuse Bibliothèque, où est le tombeau d’Alexandre ? Les barbares sont venus, et tout a été anéanti. Par barbares, j’entends les chrétiens et les musulmans, car tous les fanatiques sont des barbares. Il n’y a que les gens tolérants qui méritent le nom d’êtres civilisés. Tout ce qui est intolérant est barbare. Les Grecs étaient le peuple le plus civilisé de la terre, parce qu’ils étaient tolérants. L’élément juif est intolérant par excellence. En se combinant avec le platonisme, il a donné naissance au christianisme, qui à son tour, en s’alliant avec le culte païen, a produit le romanisme. La civilisation a péri avec l’hellénisme et est ressuscitée avec lui. Elle a commencé à s’éclipser vers le IVe siècle ; elle a reparu vers le XVe avec le retour des études classiques.

Louis Delâtre.
  1. Les Voyages d’Ibn-Batoutah, publiés par MM. de Fremery et Sauguinetti, 1er vol., p. 29.