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Page:Delarue-Mardrus - Horizons, 1904.djvu/126

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Les morts : « Nous sommes plus que l’avenir. Nous sommes
» La fin. Vous n’avez plus aucun pouvoir sur nous.
» Car nous avons été des femmes et des hommes :
» Nous savons ! Mais pour vous, vous doutez à genoux. »

Et les vivants : « Comment garderions-nous un doute ?
» Ne demeurez-vous pas inertes et couchés
» Quand nous sommes debout avec nos sept péchés,
» Nous, vivants, sur la route, et vous, morts, sous la route ?

» Oui, vous êtes la fin, la terreur du trépas,
» L’inconcevable rêve et sa noire démence ;
» Mais parmi nous aussi, le regard qui commence
» Des nouveau-nés, est plein de ce qu’on ne sait pas.

» Tout le mystère vit dans nos instincts perplexes.
» Mais vous, qu’avez-vous fait de l’orgueil, des ennuis,
» Des larmes sans raison au cœur des belles nuits,
» De la joie et du mal d’aimer ? Où sont vos sexes ?

» L’âme est finie avec la sensualité…
» Rendormez-vous, vieux os des abstractions creuses ! »
Les morts disaient : « Pourtant c’est nous l’Éternité
» Dont vous parlez toujours aux heures amoureuses. »