Page:Delboulle - Les Fables de La Fontaine, 1891.djvu/87

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
81
DE LA FONTAINE


SENS MORAL


Le dessus dict Apologue et fable veult innuer et donner a entendre que on doit éviter l’amitié de ceulx qui sont doubles et ambigus en parole, et desquelz la parole n’est pas pure et simple, ains dient maintenant de ung et tantost du contraire, car vraie amitié doit estre pure et simple, sans quelque contrarieté ne ambiguité.

(Guill. Tardif, Apol. de Laurent Valla, 200, Marchessou.)


Amian (lire Avian) fabulateur, recite l’apologue d’un satyre : lequel contrainct par l'extreme rigueur d’un fort et aspre hyver, se retira en la maison d’un bon homme de village pour se chauffer : et contemplant son hoste qui souffloit dedans ses mains, luy demanda pourquoy il faisoit cela : t lors il luy respondit quec’estoit pour rechauffer ses mains. Puis quand le disner fut prest, il vid son hoste qui souftloit dedans son potage : et lors il luy demanda de rechef, pourquoy il faisoit cela. A quoy luy fut incontinent respondu par son dict hoste, que la cause estoit pour refroidir son potage, qui estoit trop chaut. De quoy le satyre indigné luy respondit : Comment ? d’une mesme bouche tu souffles donc et le