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Page:Dentiere - Epistre très utile faicte et composée par une femme chrestienne de Tornay, 1539.pdf/51

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ſieurs ſens, elle ſ’entend en pluſieurs manieres, il n’appartiẽt pas aux femmes la ſçauoir, ne à gens qui ne ſoient literez, & qui n’ont lés degrez & eſcheles de docteurs : mais doibuent ſeulement croyre ſimplement ſans ſ’enquerir de rien, ſinon de faire bõne chiere, cõme auõs de couſtume, de faire ſes beſõgnes, filler ſa quenoille, viure cõe noz predeceßeurs, cõme ſon voiſin. Car qui vit cõme ſon voiſin il ne fait ne mal ne biẽ. Ha, certes biẽ eſt vray qu’ainſi faiſant, feres biẽ dés voſtres, baillãs beaucoup de ſens à l’eſcripture, et à vous vn ſac por le rẽplir. Quãt à vous ce ſeroit treſbiẽ entẽdu : mais à nous faict & creu, nõ pas ſeulement ſimplement : mais plus que follemẽt. Ie demãde, Ieſus n’eſt il pas außi biẽ mort pour lés paoures ignorãs & idiotz, que pour Meßieurs lés raſés, tondus & nuttrez ? Eſt il tant ſeulemẽt dict, allez, preſchez mõ Euãgile à meßieurs lés ſages & grãdz docteurs ? N’eſt il pas dict à tous ? Auõs nous deux euangiles ? l’vn pour lés hõmes & l’aultre pour lés femmes ? l’vn pour lés ſages & l’aultre pour lés folz ? Ne ſommes nous pas vn en noſtre Seigneur, au Nom duquel ſommes nous baptizez de Pol ou d’Apollo, du Pape ou1. Col. 1. de Luther ? N’eſt ce pas au nom de Chriſt. Cer