quoy dõc croyrons nous aultremẽt que n’auons creu ? Par cy deuãt nous allions & venions en ſeurté par tout le mõde, hõorez, priſez, et ayméz d’vn chaſcũ : & maintenãt n’oſõs ſortir hors de noz villes et maiſons, pour faire noz beſongnes, recueillir noz biens, car lés vns y ſont ꝑſecutez, ẽpriſõnez, et lés aultres bruslez, tyrãniſez et mis à mort. Tellemẽt ꝗl n’y a hõme ſi hardy de pouuoir ou tant ſeulemẽt oſer viſiter ſa femme ne ſés enfans, qu’est choſe fort pitoyable à cauſe dés ennemys ꝗ nous ont ẽuirõnez. Et pourtãt, qu’eſt ce q̃ nous doibt eſmouuoir y croyre ? Il y a tant de grãdz clerez ꝗ tiẽnent au cõtraire, tant de gẽs de biens, tant de roys, prĩces, & ſeigneurs, que ſ’ilz voyoiẽt la choſe cõme vous dites eſtre ſaincte, & de Dieu, la ſuyuroiẽt volũtiers. Voulez vous eſtre plus ſages que tous ceux cy, que toutes lés vniuerſitez de tout le mõde, que tous lés Cõciles dés Papes ? Brief, c’eſt choſe impoßible, q̃ tant de gẽs de biens ayẽt ſi miſerablemẽt erré, allegations de cés paoures aueugles, auxquelz Dieu face miſericorde, parlans ſelon lés hommes, n’entendansMat. 16 rien és choſes de Dieu : leſquelles leur ſont touſiours contraires, & lés eſtimẽt follie.
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