malheureuſe conſpiration, ô miſerable alliance, ô mauldict iugement, qu’auez faict roys princes & ſeigneurs auec ce grand gouliffre de Rome. Monumẽtz cõment ne vous ouurez vous ? Pierres, cõmẽt ne fendez vous ? Abyſmes, cõment ne venez vous pour ẽgloutir et deuorer encore de rechef cés paoures miſerables Coreh, Dathã & Abirõ ? O adherãs et fauteurs du pape, ne voyez vous point biẽ que vous faictes manifeſtemẽt la bataille contre Dieu ? Vous l’auez grãde lés vns contre lés aultrés, affin que Dieu ſoit vẽgé de ſésEſai. 1. ennemis ꝑ ſes ennemis. Mais celle qu’auez cõtre luy, eſt plus grande que la voſtre : car n’en verrezIerem. 35 iamais la fin : aĩs pluſtost abbatrez l’vn l’aultre que ceſte cy. Et d’autãt plus que perſecutez, d’autant plus allumez ce grãd feu conſummant. Elle est domeſtique et dedẽs lés cœurs dés hommes : voz couſteaux n’y peuuẽt rien, ilz ſont trop tẽdres. La choſe eſt trop plus q̃ certaine que cõtemnez la vraye foy chreſtiẽne. Et toutefois nullemẽt eſtes eſmeuz y pouruoir : ains pluſtost aymez ſeruir à la fureur de dieu que à ſa doulceur. Certes vous eſtes trop laſches, trop remplis de ce venin romain. Il est voſtre vaſſal, et vous en durez eſtre les ſiens : meſme d’eſtre ſés laquetz,
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