te dõnant la veuë d’iceluy, lequel tant de roys au tẽps paßé, tant de bõs ꝓphetes l’ont deſiré veoir & ne l’ont pas veu. Car ilz n’eußent pas eſté ſi ingratz à receuoir Ieſus & ſa ſaincte ꝑolle cõe nous ſõmes. Tant de bons prédeceſſeurs l’eußẽt embraßé, leſꝗlz tant ſeulemẽt ont veu en eſperit ce q̃ tu vois clairemẽt, auxquelz Dieu eſt puißãt auoir faict grace, ſans lés cõdẽner ſi temeraire mẽt estre danez cõme tu fais : & cõbien qu’il le feroit, ne le feroit que iuſtemẽt. Car ſi l’aueugle meine l’aueugle, ilz tõbent tous deux en la foſſe. Neãtmoĩs la miſericorde de Dieu eſt grãde, leq̃l regarde ſon filz Ieſus, et ꝑ lequel l’ignorãce dés hõmes eſt ſouuẽteffois regardée. Et cõme il dit. Si ie ne fuſſe venu, vous n’eußies poĩt de peché,Ieh. 9. mais pourtant que ie ſuis venu, vous n’auez plus excuſe de voſtre peché. Car beaucoup plus eſt à reprẽdre le ſeruiteur ſçachãt la volũté de ſõ ſeigneur, ne le faiſant q̃ celuy qui ne la ſçait pas. Ce nõobſtant il eſt au maiſtre à reprẽdre & l’vn et l’aultre. Et obſtinée et folle ignorãce n’a poĩt de excuſte ẽuers Dieu, aĩs cõdẽnatiõ, quãd ꝑ vne certaine malice, tu viẽs reſiſter à la ꝑolle de dieu laq̃lle t’eſt declairée ꝑ ſés miniſtres ẽuoiez de luy, et ꝑ luy, tellemẽt ꝗl n’eſt ſageße hũaine leur pouuoir
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